Quatre vestes matelassées JOTT de différentes couleurs sont disposées sur le sol en bois.

JOTT : les actionnaires injectent 99 millions d’euros en 2025 pour sauver la marque

Business

JOTT, la marque marseillaise spécialisée dans les doudounes, fait face à une situation critique en 2025. Après des années de difficultés financières et opérationnelles, les actionnaires ont décidé d’injecter 99 millions d’euros pour relancer l’activité et stabiliser l’entreprise. Cet article décrypte les enjeux majeurs de ce plan de sauvetage, l’accord strict avec les créanciers et les perspectives de redressement sous la direction de Thierry Miremont.

Accord strict avec les créanciers pour sauver JOTT en 2025

Une opération financière cruciale pour la survie de la marque

The brand, which specialises in down jackets, will need to generate significant operating profits over the next two years.
The brand, which specialises in down jackets, will need to generate significant operating profits over the next two years. – Just over the top

Thierry Miremont, spécialiste du retournement, nommé CEO cet été, pilote une mission de sauvetage d’urgence. En 2025, les actionnaires, dont L Catterton Europe majoritaire depuis un rachat par LBO en 2021, ont approuvé une injection inédite de 99 millions d’euros pour recapitaliser JOTT. Cette décision témoigne de la gravité des difficultés rencontrées, alors que la marque continuait d’ouvrir des boutiques en 2024 malgré un contexte très dégradé.

Fondée en 2010 par Mathieu et Nicolas Gourdikian, JOTT est aujourd’hui confrontée à une crise profonde mettant en péril sa pérennité. Le défi dépasse désormais le simple financement de la croissance : il s’agit d’assurer la survie opérationnelle de l’entreprise. Les chiffres sont alarmants :

  • Baisse de chiffre d’affaires de 28% en 2024, à 54,7 millions d’euros.
  • Accroissement des stocks invendus et ventes massives à prix cassés nuisibles à l’image de marque.
  • Défaillance du prestataire logistique début 2024 ayant engendré un coût logistique abyssal et un déficit de 30 millions d’euros chez JOTT Opérations.

Ces difficultés ont conduit à un fonds propre négatif et à une fragilisation structurelle accrue, alors que les échéances de dette issues du LBO pèsent lourdement avec près de 156 millions d’euros concentrés dans la holding Jaguar Bidco.

En réponse, l’accord avec les créanciers – notamment Idinvest Partners et Eurazeo – a abouti à une suspension temporaire des obligations financières via un mécanisme de waiver. Cependant, cette pause n’est pas sans conditions :

  • Respect strict de covenants financiers trimestriels.
  • Obligation de performance sous peine de rupture de l’accord et demande immédiate de remboursement ou prise de contrôle par les créanciers.

Ce compromis vital permet la suspension des paiements d’intérêts jusqu’à fin 2027, offrant un souffle financier crucial pour concentrer les efforts sur la relance commerciale.

La feuille de route de Thierry Miremont prévoit :

  • Rationalisation du réseau en fermant les boutiques non rentables, notamment à Paris et Bordeaux.
  • Modernisation technologique avec l’implémentation d’outils automatiques de réassortiment.
  • Renforcement de la gestion des stocks pour limiter l’obsolescence et optimiser les marges.
  • Accentuation de la part des produits vendus au prix plein, avec une amélioration qualitative des collections.

Malgré la complexité du contexte international et des marchés français, la marque mise sur un redressement rapide en améliorant chaque année significativement son résultat opérationnel de plusieurs dizaines de millions d’euros. Des démarches pour renforcer l’attractivité de la marque incluent également la participation à des salons internationaux comme Pitti Uomo à Florence et Who’s Next à Paris.

Enfin, un point rassurant : les contrôles fiscaux récents effectués en 2024 sur les entités Jaguar Topco et JOTT France se sont clôturés sans redressement, ce qui évite des charges additionnelles dans un contexte déjà tendu.

Conclusion

Le plan d’injection de 99 millions d’euros et le strict accord avec les créanciers offrent à JOTT une fenêtre cruciale de deux ans pour redresser ses opérations et retrouver une rentabilité durable. La tâche reste immense : il s’agit de transformer profondément le modèle économique, renforcer l’efficience commerciale et maintenir la confiance des partenaires. La survie même de la marque, qui a su gagner ses lettres de noblesse dans le secteur des doudounes, dépendra de ce pari ambitieux mené sous la houlette de Thierry Miremont.

Pourquoi JOTT a-t-elle besoin d’une injection de capitaux en 2025 ?

JOTT fait face à des pertes importantes causées par une chute du chiffre d’affaires, des stocks invendus et la faillite de son prestataire logistique, entraînant une forte dégradation financière. L’injection de 99 millions d’euros vise à recapitaliser l’entreprise pour assurer sa survie.

Quels sont les engagements pris dans l’accord avec les créanciers ?

Les créanciers ont accepté une suspension des paiements d’intérêts jusqu’en 2027, mais imposent des covenants stricts que l’entreprise doit respecter trimestriellement sous peine de rupture de l’accord et d’exécution immédiate de leurs droits financiers.

Quelles mesures commerciales JOTT prévoit-elle pour se redresser ?

La société entame une rationalisation de ses boutiques, mise sur la modernisation technologique de la gestion des stocks, augmente la proportion de ventes à prix plein et améliore ses collections pour restaurer la rentabilité et l’image de la marque.

Quels sont les défis majeurs auxquels JOTT doit faire face dans les prochaines années ?

Le principal défi est de redevenir rapidement rentable tout en respectant les engagements vis-à-vis des créanciers. La concurrence, les marchés internationaux difficiles et la nécessité de maîtriser ses stocks imposent un redressement rapide et efficace pour éviter une nouvelle crise majeure.

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